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 Physique et religions

         
mahaibia




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: 23/03/2008

: Physique et religions    31 2008, 18:34

l est arriv dans l'Histoire que les rsultats obtenus par la physique, et par certaines autres sciences galement, entrent en conflit avec les religions. Celles-ci dfinissent en effet un ensemble de croyances qui, en gnral, incluent une reprsentation du monde, de l'univers, et de ses composants.

Le prototype de ce problme fut, au XVIIe sicle, la controverse ptolmo-copernicienne, et la condamnation de Galile (1633) qui entrana un certain mouvement de rejet de la religion chrtienne (catholique) plus particulirement, juge obscurantiste par certains philosophes des Lumires. L'un des enjeux de ce problme tait que certains passages de la Bible, par exemple le psaume 93 (92) sur Dieu roi de l'univers, que l'on pourrait qualifier de cosmologiques , taient rdigs dans un sens gocentrique, ou tout le moins ambigu, de sorte que, pris la lettre, ils entraient en conflit avec les thories de la physique dfinies par Galile, Kepler, Newton... Voir : Galile, Rvolution copernicienne, Descartes, Purification de la mmoire).

Dans un premier temps, les scientifiques du XVIIe sicle ragirent soit en rejetant la philosophie premire de la scolastique, base sur la mtaphysique d'Aristote (cas de Descartes, mditations sur la philosophie premire), soit en adhrant des mouvements dissidents du christianisme (cas de Pascal, qui donna sa caution Port-Royal pour rdiger une traduction de la Bible en franais selon des vues jansnistes). Cette version fut la seule labore au XVIIe sicle, et aucun thologien catholique ne fut la hauteur pour redresser la situation au XVIIe et au XVIIIe sicles, de sorte que cette Bible servit de rfrence bon nombre d'intellectuels, dont des crivains, jusqu'au XIXe sicle.

En ralit, l'Église, en la personne du pape Benot XIV, autorisa la thorie de l'hliocentrisme ds le XVIIIe sicle (en 1741 et en 1757), rhabilitant implicitement Galile, ce qui passa relativement inaperu dans le contexte du sicle des Lumires.

La situation commena se clarifier au XIXe sicle, une fois passe la Rvolution franaise et ds que le christianisme put se rorganiser, lorsque les chrtiens (protestants et catholiques) se rendirent compte que la controverse posait des problmes d'exgse (revenir aux textes d'origine en grec ou hbreu) et d'hermneutique (dfinir des rgles d'interprtation qui ne soient pas littrales). Ceci conduisit des encycliques sur l'tude des textes bibliques (par Lon XIII, puis Pie XII), dfinissant les rapports entre la science et la religion, puis des traductions canoniques de la Bible partir du XXe sicle (Bible de Jrusalem). Aprs deux sicles o il n'y eut que trois traductions de la Bible en franais, le XIXe sicle fournit ainsi 19 traductions de la Bible en franais, et le XXe sicle 22 traductions.

Plus qu'une rhabilitation de Galile (que tous les papes modernes considrrent comme un grand savant), le groupe de travail voulu par Jean-Paul II fut l'occasion de clarifier les relations rciproques entre la religion et la science. Aujourd'hui, l'Église ne se proccupe pas des questions de structure physique de l'univers. Les questions de foi interviennent plutt lors de l'application des thories dans la vie quotidienne.

Concernant la Gense du monde et l'apparition de l'homme, il est aujourd'hui admis dans les milieux non fondamentalistes, tant catholiques que protestants, qu'une lecture symbolique de la Gense s'impose. Ainsi, la Bible de Jrusalem fait remonter l'apparition de l'homme vers 100 000 av. J.C., l'homo habilis serait Adam (mais le type d'homo n'a en ralit peu d'importance).

Nombreux sont les physiciens qui taient ou bien trs religieux, ou bien ordonns eux-mmes. Par exemple, Copernic tait moine, Edme Mariotte tait prtre et Georges Lematre abb. L'explication tient sans doute au fait que les religieux taient pendant longtemps presque les seuls lettrs.

Par ailleurs, certaines religions ont pu encourager le dveloppement de la recherche scientifique, comme ce fut le cas de l'islam entre le IXe et le XVe sicle, qui le fit d'ailleurs pour des raisons religieuses (voir Sciences et techniques islamiques ce sujet), en profitant trs largement de l'apport des civilisations soumises par l'Islam (perse, chaldenne, byzantine, indienne...). La civilisation occidentale et chrtienne, ayant surmonter le choc des invasions barbares et des conqutes musulmanes, n'embota le pas l'Islam qu' partir du Xe (timidement) et surtout du XIIe sicle (voir Science du Moyen Âge et Renaissance du XIIe sicle).

De nos jours un grand nombre de physiciens, et de scientifiques plus gnralement, admettent volontiers avoir des convictions religieuses[1].

On constate que, aux États-Unis, comme en Europe, on a ralis qu'il ne faut pas prendre au pied de la lettre les descriptions bibliques, ce qui est la position commune des catholiques et des protestants, prise depuis le XIXe sicle
    
 
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